Quand le Mondial 2014 a failli basculer : les actions décisives oubliées

Faute sur Robben dans les 16 mètres

Introduction 

La Coupe du Monde 2014 restera dans les mémoires pour ses buts spectaculaires, ses révélations et son épilogue historique. Mais derrière les récits officiels se cachent des moments que l’on oublie trop facilement : des actions décisives, des décisions arbitrales contestées, des poteaux, des arrêts providentiels qui auraient pu réécrire complètement l’histoire du tournoi. Car un Mondial, c’est aussi une succession de détails infimes qui, pris isolément, semblent anodins, mais dont le cumul façonne un destin. Retour sur cinq moments clés du Brésil 2014 que l’histoire a injustement relégués au second plan.

Le poteau de Higuaín qui aurait pu tout changer

La finale du 13 juillet 2014 au Maracanã est restée longtemps dans les mémoires comme un match fermé, tendu, décidé sur un seul éclair de génie de Mario Götze en prolongation. Mais on oublie souvent à quel point l’Argentine a frôlé la victoire bien avant ce dénouement. En première mi-temps, Gonzalo Higuaín se retrouve seul face à Manuel Neuer et frappe le poteau droit du pied gauche. Un centimètre de moins et le ballon rentrait. L’Argentine menait 1-0 en finale de Coupe du Monde, et l’histoire du tournoi basculait complètement.

Ce n’est pas la seule occasion manquée par Higuaín ce soir-là. Le buteur du Napoli ratera également un but tout fait en prolongation, le ballon terminant hors du cadre alors que le but était béant. Ces occasions manquées alimenteront pendant des années la réputation d’un joueur incapable de performer dans les grands rendez-vous, une injustice partielle car il avait été l’un des meilleurs buteurs de la compétition. Mais le football est ainsi fait : on retient les manques au moment où tout se joue.

L’arrêt de Ochoa qui a sauvé le Mexique face au Brésil

On en a parlé dans le cadre des révélations du tournoi, mais l’arrêt de Guillermo Ochoa sur la tête de David Luiz lors de Brésil-Mexique mérite d’être analysé pour ce qu’il représente tactiquement. Ce n’était pas seulement un arrêt spectaculaire : c’était le moment précis où le Mexique a survécu à ce tournoi.

À ce stade du match, le Brésil poussait avec toute l’intensité d’une équipe dopée par son public et par la pression de jouer à domicile. David Luiz, l’un des meilleurs défenseurs du monde à l’époque, prenait son élan sur un coup franc excentré. La trajectoire du ballon semblait parfaite, tendue, imparable. Ochoa a dévié du bout des doigts ce qui aurait été le but de l’ouverture du score. Sans cet arrêt, le Brésil menait 1-0, prenait confiance, et le Mexique rentrais probablement au pays dès les phases de poules. Avec lui, le match a terminé 0-0, le Mexique s’est qualifié, et Ochoa est devenu une légende planétaire en une fraction de seconde.

Le but refusé à l’Algérie contre l’Allemagne

On parle peu du parcours de l’Algérie lors de ce Mondial, pourtant l’épopée des Fennecs a été l’une des plus belles histoires collectives du tournoi. Qualifiée pour les huitièmes de finale, l’Algérie affrontait l’Allemagne, favorite absolue de la compétition, et lui a tenu tête pendant 120 minutes.

Mais ce que beaucoup ont oublié, c’est qu’à la 40e minute de jeu, l’Algérie a cru avoir ouvert le score. Le ballon franchit la ligne, les joueurs algériens célèbrent, le stade retient son souffle. L’arbitre finit par refuser le but pour une position de hors-jeu jugée litigieuse, que plusieurs analyses vidéo a posteriori ont remise en question. Si ce but avait été accordé, l’Algérie menait 1-0 contre l’Allemagne en huitièmes de finale. La suite du match, déjà disputée et accrochée, aurait sans doute pris une tournure radicalement différente. L’Allemagne, finalement victorieuse 2-1 après prolongation, a été bien moins dominatrice qu’on ne l’imaginait. Une autre décision arbitrale, et c’est peut-être l’Algérie qui poursuit l’aventure.

Le penalty non sifflé contre le Costa Rica en quarts

L’épopée du Costa Rica au Brésil 2014 est l’une des plus belles surprises de l’histoire récente des Coupes du Monde. Mais en quarts de finale contre les Pays-Bas, les Ticos ont peut-être été victimes d’une injustice qui aurait pu changer la donne bien avant les tirs au but.

En seconde mi-temps, alors que le score est encore vierge, un contact dans la surface costaricaine est laissé impuni par l’arbitre malgré les protestations néerlandaises. Dans l’autre surface, un accrochage sur un attaquant costaricain est lui aussi ignoré. Les deux équipes se sont finalement séparées sur un 0-0 après prolongation, laissant la qualification se décider aux tirs au but. Les Pays-Bas l’ont emporté grâce notamment à la substitution de leur gardien par Tim Krul, spécialiste des penalties, une décision tactique devenue elle aussi célèbre. Mais l’issue aurait pu être tout autre si l’arbitre avait vu les choses différemment à deux reprises dans ce match.

Le tir de Robben sur le poteau en demi-finale

Après leur victoire sur le Costa Rica, les Pays-Bas affrontaient l’Argentine en demi-finale, dans un match âpre et fermé qui s’est, lui aussi, décidé aux tirs au but. Ce que l’on retient rarement, c’est qu’Arjen Robben, l’homme le plus en vue de tout le tournoi néerlandais, a frappé le poteau en seconde mi-temps sur ce qui semblait être une occasion nette de but.

Robben avait été dévastateur tout au long de la compétition, capable de déséquilibrer n’importe quelle défense par sa vitesse et son sens du dribble. Sur cette action, il se retrouve dans une position idéale, décoche une frappe croisée du gauche et voit le ballon s’écraser sur le montant…

But et les Pays-Bas filaient probablement en finale. Sans ce but, le match s’est prolongé, les tirs au but ont souri à l’Argentine, et Robben a quitté le Brésil sans disputer la finale qu’il méritait peut-être plus que quiconque dans ce tournoi.

Un Mondial qui aurait pu s’écrire autrement

Ces cinq moments illustrent ce que le football a de plus fascinant et de plus cruel : tout se joue parfois sur quelques centimètres, une décision arbitrale, un réflexe de gardien ou un poteau. Sans le poteau de Higuaín, l’Argentine est championne du monde. Sans l’arrêt d’Ochoa, le Mexique rentre à la maison. Sans ce but refusé, l’Algérie crée peut-être l’exploit du siècle. Le Mondial 2014 que nous avons vu est une version parmi des dizaines d’autres qui auraient pu exister. Et c’est précisément ce qui en fait un tournoi aussi riche à analyser, des années après le coup de sifflet final.

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